AOUT 2000
(pour se souvenir…)
Boris, Sergueï, et Vassili
Dans leur grand cercueil de métal
Au fond de la mer engloutis
S’enfoncent vers l’oubli fatal
Tu sais dans nos démocraties
Consensuelles indifférentes
La mémoire souvent s’absente
Et nos cœurs sont un peu rassis
Ce n’est pas vrai que l’on s’en fout
Les yeux fixés à la télé
Pendant l’heure du déjeuner
On a regardé jusqu’au bout
On a même failli pleurer
Mais maintenant c’est dépassé
Et ça finit par nous lasser
On a autre chose à penser
Dans la vie il faut avancer
Dans la vie il faut avancer
A la journée du Sidaction
On donne une contribution
Mais il faut pas exagérer
Nous demander d’les regarder
Avec des yeux qui jugent pas
C’est leur faute n’est ce pas
S’ils s’obstinent à se droguer
Et pire encore s’ils sont pédés
Ce n’est pas vrai que l’on s’en fout
Les yeux fixés à la télé
Pendant l’heure du déjeuner
On a regardé jusqu’au bout
On a même failli pleurer
Mais maintenant c’est dépassé
Et ça finit par nous lasser
On a autre chose à penser
Dans la vie il faut avancer
Dans la vie il faut avancer
S’il ne fait pas bon être étranger
A Londres Vienne ou Hambourg
Si l’on dessine des croix gammées
Dans les vestiaires à Strasbourg
On ne parle plus de racisme
On a Zidane et Anelka
On pratique pas l’ostracisme
On régularis’ cas par cas
Ce n’est pas vrai que l’on s’en fout
Les yeux fixés à la télé
Pendant l’heure du déjeuner
On a regardé jusqu’au bout
On a même failli pleurer
Mais maintenant c’est dépassé
Et ça finit par nous lasser
On a autre chose à penser
Dans la vie il faut avancer
Dans la vie il faut avancer
Tu sais dans nos démocraties
Consensuelles indifférentes
La mémoire souvent s’absente
Et nos cœurs sont un peu rassis
Et l’on baptise l’indifférence
Du joli nom de tolérance
Et l’on baptise l’indifférence
Du joli nom de tolérance
ET L’ON BAPTISE L’INDIFFERENCE
DU JOLI NOM DE TOLERANCE
© La Mosca Loca