Colère

Je la hais, cette colère, qui monte en moi,
Que j’invite et que j’attends.
Cette colère qui me ronge,
Me rend aveugle, sourde et me tue.
Je la hais cette colère qui me guette,
D’un regard fixe, tranquille, à l’affût.
Je lui ouvre la porte, comme à une amie,
Faisant fi de l’idée qu’elle peut me perdre.
Elle entre en dansant, me piétine,
En clamant bien haut sa victoire, refrain de venin.
Trop tard, je ne peux plus fermer la porte,
Et le diable qui l’accompagne.
Je l’ai laissé prendre racine,
Et me faire valser comme un pantin.
Elle me serre dans sa toile et ricane,
J’en suis malade, je suis perdue.
Et le diable, son comparse,
Qui m’épie et se réjouit.
Pourquoi l’ai je laissé entrer,
Monter en moi comme un raz de marée.
Elle s’incruste dans mes profondeurs,
Je ne peux la fuir, elle est ma prison.
Je vais de ressentiment en rancœur,
Je me noie dans la haine et la peur.
Seigneur, que je hais cette colère,
Que je croyais douce et salvatrice.
Doux Jésus, délivre moi de cette noirceur,
Que je retrouve enfin ta beauté et ta bonté.
Divin Créateur, tu me vois désolée de ma faiblesse,
Fruit de ma perdition.
Écoute ma prière, vois mon désespoir,
Je suis à sa merci et elle n’est pas seule.
Aide moi! Sinon j’en mourrai.

N’invitez jamais la colère à entrer,
Car elle n’arrive jamais seule,
Elle traîne avec elle son complice, le diable,
Ils se diront vos amis, mais se joueront de vous.

Et vous serez seul, prisonnier de votre colère.


© Mademoiselle