Au vampire :


La lune sépulcrale pleure sur ta souillure.
Tu l’as ensanglantée vampire, enfant maudit!
Ses cratères s’exposent, comme des déchirures,
D’où suintent les plaies sombres de ta mélancolie.

L’extase inavouable se lit sur tes canines.
Que ta mère illumine, pleurant ses rayons frêles,
Baignant dans la pâleur de sa lumière divine
Le corps dont le sang tiède a rougi tes prunelles.

Elle porte les marques de toutes tes morsures,
Partage la douleur de ton esprit errant,
Noircit de soir en soir pour cacher sa blessure.

Ne vois tu pas vampire qu’elle aussi te maudit ?
Comme ton autre mère, lorsque tu bus son sang,
Pour embraser ton cœur d’une illusion de vie.


© Larme de Verre