En chaque homme...
Cette fille C'était même pas mon type, tu vois. Vraiment pas la nana que j'aurais draguée en temps normal. Pas assez de hanches, pas assez de poitrine, pas assez Pas assez de tout, en fait. J'aurais pu la croiser cinquante mille fois dans la rue, en temps normal, il ne serait jamais rien arrivé. Mais c'était pas une journée normale. C'était une foutue bon dieu de putain de merde de journée !
Tout cela, tu vois, c'est la faute à ma Germaine. A ma Germaine, au chat et à la télé. Ouais, je sais. Tu vois pas le rapport. Mais, moi, j'aurais jamais eu envie de la violer cette nana sans ces trois-là. Tu me regardes comme si je revenais de Pontoise, alors je vois bien qu'il va falloir que j'explique comment j'en suis arrivé là.
La journée à débuté par une chierie de petite pluie fine qui te transperçait jusqu'aux os. Tu sais, un de ces foutus crachins qui semble te coller de partout, qui s'insinue dans ton col, par tous les trous possibles et imaginables de tes vêtements. Une chiasse. Froide et humide. M'a fallu prendre une douche en arrivant au boulot. Histoire de me réchauffer. Note que, comme je bosse à la chaîne, dans le département des engrais, j'étais même pas obligé de me la prendre cette douche. Y'aurait suffit que je me contente d'attendre que la chaleur du produit qui défilait sur les tapis roulant me réchauffe.
Mais ça ne s'est pas passé comme cela. En ce début d'année, les students avaient repris l'école. Y'en avait plus un seul pour faire les travaux de merde qu'on leur file lorsqu'ils débarquent pour leur jobs de vacances. Ce qui fait que, avec le grand Gus, c'est nous deux qui avons été collés à la corvée. Ouais. Y'avait un de ces fichus bon dieu de camion de craie qui avait versé son chargement sur la cour. Avec le Gus, on s'est coltiné des brouettes et des brouettes de cette saloperie jusqu'aux courroies transporteuses. Et pendant ce temps là, la pluie n'arrêtait pas de tomber. La douche chaude, ca f'sait longtemps que j'y pensais plus. Sur le coup de onze heures, au moment de faire " malette " comme on dit chez nous, de prendre notre pause déjeuner, si tu préfères, y'a un autre de ces enfoirés de chauffeur qui nous en a refilé un deuxième chargement de cette bon dieu de craie. Quand j'te dis qu'on leur refile les boulots de merde, au students, crois moi, j'sais de quoi je parle !
Toute cette putain de journée, on s'est coltiné les brouettes, le Gus et moi. De notre faute si on s'est payé ce boulot, sans doute parce qu'on avait refusé de faire des heures sup' le week-end précédent, mais bon Ca c'est une autre histoire.
Bref, j'suis rentré à la maison, j'commençais à couver quelque chose. Une bondieuserie de grippe ou j'sais pas trop quelle angine. J'avais mal la gorge, j'étais crevé et je commençais une sacrée bon dieu de fièvre. La Germaine, elle m'a filé un grog dont elle a le secret : un mélange de vin chaud, d'armagnac et de j'sais pas trop quelles saloperies d'herbes qu'elle fait bouillir pendant un moment, puis qu'elle filtre dans un verre à pils et dans laquelle elle rajoute un jus de citron. Mon vieux, si t'as pas l'habitude, t'as l'impression d'avaler une purge de Dieu le Père ! Mais comme efficacité, y'a pas mieux. Une heure après, surtout si, comme moi, t'attaques le mal à la racine, tu commences à te sentir mieux.
Moi, j'avais envie de lui faire une gâterie, à la Germaine, histoire de la remercier de savoir si bien soigner mes bobos. J'avais envie de lui prendre la température, si tu vois ce que je veux dire. Mais ma bobonne elle était pas d'accord. Pas ce soir là. Les Russes étaient là avant moi, qu'elle m'a dit. Mais on pouvait r'garder un film porno, si j'voulais, et après elle me Enfin, ça, c'est juste un truc entre elle et moi. Notre petit potager secret comme on dit. J'vais pas te faire un dessin.
C'est là qu'la télé intervient. Y'avait rien que des navets à la vidéothèque. Des trucs où c'est juste du rentre-dedans. Aucune histoire. Juste du vas-y que j'te bourre le mou. Par devant, par derrière, entre les seins, dans la bouche. A deux, à trois et plus pour finir en partouze. Du cul toutes les trente secondes. Bon, moi, c'est pas pour me déplaire, mais la Germaine, s'y a pas d'histoire, elle aime pas ces films-là. Paraît que c'est le cas de 90% de ces films-là, d'ailleurs, et que les femmes Ben Elles sont pas trop attirées.
Soit, au bout de quinze minutes de sexe à gogo, on en était à la scène où un noir équipé d'un engin comme un cheval avait mis son outil au travail, v'là qu'la Germaine, elle se met à zapper. Moi, j'étais vautré dans le divan, j'avais des fourmis au niveau de mon zob. Ben j'te dis pas, les fourmis se sont fait la malle en moins de deux. Et c'est là que ce connard de chat est entré en scène.
Faut que je t'explique, cette andouille de chat, suffit que je sois installé dans le divan pour qu'elle vienne se mettre contre moi. D'abord, faut qu'elle vienne se fourrer juste contre ma pomme. Moi, j'ai horreur d'avoir des poils dans le nez. Pas tous les poils, mais les poils de chat, j'aime pas. Je sais, j'suis space, mais j'suis comme je suis. J'ai fait dégager le chat. Et cette nouille, elle a rien trouvé de mieux à faire que de s'installer sur mon bide et à commencer à le pétrir. Elle me fait chier avec ce cinéma, parce qu'elle finit toujours par glisser Ouais, je sais, faudrait que je songe à faire de l'exercice pour perdre un peu de ma bouée de sauvetage, mais ma Germaine, elle l'aime bien, ma bouée. C'est son coussin d'amour comme elle dit. Bref, ce chat en glisse toujours et finit par m'écraser le zob. Moi, ça a finit par me pomper. J'ai envoyé le chat bouler. Fallait que je sorte. Histoire de rafraîchir ma bijouterie à laquelle ce bon dieu de film avait mis le feu. J'ai pris ma veste et je suis sorti faire un tour.
Une nuit propice au crime que j'me suis fait comme réflexion. I f'sait sombre, et froid. Y'avair la lune qu'était toute ronde et qui s'cachait derrière les nuages. Le temps menaçait de nouveau.
J'étais pas sorti de dix minutes que la pluie a recommencé son cirque. J'étais mal. J'avais eu la bonne idée de me promener le long du port. Seigneur Dieu ! Quel vent ! J'étais scié ! J'ai filé vers la place et là, je me suis engouffré dans un café. Un bar tabac comme disent les frenchs. Me suis enfilé une ou deux bières, trois ou quatre, peut-être, je sais plus. Et le film de la journée est repassé dans mes pensées. Deux heures du mat, il était ! Nom de Dieu ! Fallait que je rentre, sinon j'pourrais pas être au boulot demain. Et c'était pas l'moment de me faire virer, on avait pas fini de payer la TV qu'on avait achetée à crédit.
J'aurais mieux fait de boire une ou deux chopines de plus. J'étais plus à une heure. Mais non Y'a fallu que j'aie une crise de conscience. J'étais beurré, mon p'tit père. J'avais dû boire plus que trois ou quatre chopes, finalement. J'ai voulu prendre au court et rentrer par la ville. Et c'est là que je l'ai vue cette gonze. Elle devait faire dans les quarante ou quarante cinq kilos à tout casser. J'sais pas ce qui m'a pris. Est-ce qu'elle a remué un peu trop du cul ? Remarque qu'elle aurait pas pu remuer grand chose d'autre mais bon Elle marchait devant moi, et moi, je ne voyais plus que ses miches qui balançaient au rythme de ses pas. J'lui ai filé le train. Enfin, je naviguais derrière-elle. J'te l'ai dit, j'étais plus très frais. A un moment, la fille elle s'est retournée puis elle a accéléré le pas. Ca m'a excité. J'étais dégrisé, soudainement. Il me la fallait cette nana. Elle s'est engouffrée dans une ruelle. La conne ! Elle se piégeait toute seule !
J'lui ai couru après et j'étais sur elle avant qu'je m'en rende compte. Au milieu de la ruelle, j'l'ai attrapée par derrière, lui collant une main sur la bouche pour l'empêcher de gueuler. Après j'sais pas c'qui s'est passé
J'me suis senti le cur exploser quand elle m'a filé un coup de talon sur le coup de pied. J'voyais des étoiles. Puis j'sais pas c'qu'elle a fait. J'me suis retrouvé par terre et j'ai entendu un grand craquement. Je gueulais avant même de me rendre compte qu'elle m'avait cassé le bras, cette pouffiasse. Et elle me bourrait la gueule de coups. C'est plus tard que j'ai appris qu'elle faisait du jiu-jitsu. Putain ! Ca devrait être interdit cette discipline !
J'pouvais plus bouger ! J'avais mal de partout. Je gueulais comme un écorché. Alors la fille, elle a sorti un portable et elle m'a dit :
- Qu'est-ce que je fais ? Je téléphone aux flics pour qu'ils viennent embarquer le vieux dégoûtant ?
Merde ! Nom de Dieu ! Non ! Pas ça ! Qu'est-ce que j'vais raconter à Germaine, moi ?
La fille, elle a dû lire la panique dans mes yeux. Elle a rangé le portable sans avoir appelé qui que ce soit. Elle m'a dit :
- Non, ce ne serait pas une bonne idée. Le monsieur il a fait une erreur. Il va pas recommencer. Pas vrai ?
Non, j'allais pas recommencer. J'étais prêt à le jurer sur la tête de ma Germaine, du chat et même de la télé.
- D'ailleurs, je vais m'assurer qu'il va pas recommencer, le monsieur
J'ai pas aimé le ton de sa voix
Et elle a sorti un rasoir de son sac, la salope ! Tu sais, un coupe-choux comme les coiffeurs en utilisaient dans le temps. Nom de Dieu ! Mais qu'est-ce qu'elle foutait avec ça dans sa sacoche l'enfoirée !
Je voulais me barrer mais elle avait du me casser une jambe, en plus du bras, cette pouf. J'pouvais plus bouger. Je me traînais pour lui échapper. Mais ses mains m'avaient déjà attrapé.
- Ben attends, mon chéri, te sauves pas. Tu voulais baisser ton froc, attends, j'vais t'aider.
Putain ! J'étais tombé sur une malade ! Fallait que j'me tire. Mais elle avait déjà découpé ma ceinture. Un coup de rasoir et elle m'avait niqué mon jean, la garce ! Elle avait accroché mon calebard, maintenant.
J'voulais appeler au secours mais les dents qu'elles m'avaient envoyé au Père Lachaise saignaient trop que pour que je puisse encore sortir un son.
J'sais pas comment elle a fait mais elle m'a mis sur le dos. La main qui tenait le rasoir s'est levée L'autre me soulevait le pénis.
- Whouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
Ca va pas mon chéri ?
Mais il est fou ce chat ! Il me plante les griffes dans les c !
26/02/2002