Elle voyage dans lombre étouffante
et grise des cendres
Dans lunivers sans espace de ce long escalier noir et étroit
Elle reste sur le dernier palier, doù elle ne peut redescendre
Une unique et pénible ascension dans la peur et le froid.
Au bout du couloir, une seule issue, une porte invisible
Un espoir sans poignée, qui ne souvre que de lautre côté
Elle respire les parfums davenir aux rives de limpossible
Et flotte ondulante telle une écharpe de soie ivre de liberté.
Un être blême derrière la porte
perçoit son silence cloîtré
Mais ses mains ont un lien trop serré qui le brûle et le saigne
Ses yeux ne voient que les plaies dun bonheur poignardé,
Gisant dans son corps tailladé et brûlant de douleur et de fièvre
.
Elle sait que cette âme seule détient
le pouvoir des couleurs
De lair frais, du soleil, de lazur, des rivières et des
fleurs
Le savoir et le sens des mots étranges gravés à fleur
de peau
Dont la seule délivrance dors derrière la porte de son roman
clos.