Comme tout ça

Ne regarde pas le gris bleu du ciel
Il tombe des morceaux de miroir
Qui ouvrent la gorge et les yeux
Des fragments de mirage
Sans éclat
Comme toutes ces choses que je ne sais pas.
Il y a des instants où c’est mieux
De ne rien savoir du tout
Juste se souvenir.

Ne cherche pas au fond de ton œil
Il s’y effrite des miettes de désert
Des poussières de sel éphémères
Qui fendillent et craquellent
Les yeux
Comme ces terres d’où l’on ne revient pas
Il y a des instants où c’est mieux
De ne plus rien voir du tout
Juste se souvenir .

Laisse enfin le temps se taire
Comme le vent perd la voix des oiseaux
Quand il devient muet entre les roseaux
Le vide s’oublie tellement
Plus vite
Comme tous ces bruits que je ne perçois pas
Il y a des instants où c’est mieux
De ne rien entendre du tout
Juste se souvenir.

 

© John Bleuet